
Le silence de la sonate.
La dernière harmonique de cette Sonate d’automne vibre sur sa tige, il s’installe alors un lourd silence saturé de questions.
Silence des quatre protagonistes de ce quatuor à la fin du film, mais aussi silence des spectateurs après cette bouleversante sonate. Pourquoi nous est-il si difficile de rompre le silence à la fin du film, alors que le dernier accord a retenti, comme à la fin d’un concert, lorsque tout reste suspendu aux dernières harmoniques, dans un ultime regret ? Chacun doit trouver le temps de sortir de cet éprouvant tête-à-tête avec lui-même. Sonate d’automne résonne encore longtemps dans une intimité secrète, vulnérable, qu’il nous est difficile de dévoiler. Sonate d’automne réussit à tendre ce voile de pudeur tout en dévoilant ce qu’il y a de plus intime et douloureux en nous.
Ce film revêt pour chacun de nous un caractère profondément personnel. Lorsque la parole se libère après le film, chacun a d’abord envie de parler de ce que le film a éveillé en lui ; mais les interprétations diffèrent et il est impossible de pencher de façon unanime pour la mère ou pour la fille, de condamner l’une pour absoudre l’autre, de discerner la victime de la coupable. La retenue de ce film s’exprime dans ce que j’appellerai le « voile de pudeur » jeté sur les sympathies ou antipathies éveillées chez le spectateur : la pudique empathie des spectateurs est respectée et l’auditeur de cette sonate ne parvient à prendre parti. Comment est crée ce flou, cette hésitation et cette empathie devant la souffrance de deux êtres ?
Les intimes harmonies de la sonate.
Lorsque retentit le dernier accord et qu’on le laisse sonner, se prolonger dans le silence, surgissent alors de timides harmonies qui révèlent bien souvent le cœur de l’accord, ce qu’à la première écoute on n’avait pas entendu, caché par la voix supérieure. Pourquoi Sonate d’automne retentit avec autant de profondeur en nous et fait éclore ses fleurs si délicates et personnelles à la fin du film ? La sonate de Bergman met à nu l’artifice que chacun crée pour exister et pouvoir affronter les autres. Une des principales questions qui retentit après le film est celle de l’identité : mère et fille, toutes deux se posent la question du « qui suis-je ? », comment se construire face à l’autre pour ne pas être étouffé par son regard ?
Il me semble que c’est une des principales questions qui sous-tend toute la sonate et lui donne cette force si cruelle, cette résonance si intime.
Deux identités se font face dans le film : la rouge et corrosive mère et la douce et timide fille. La fille avoue avoir construit son identité dans l’ombre terrible de la mère, telle une plante fragile privée de lumière, tandis que la mère est elle assaillie par les reproches de sa fille, par la culpabilité qui remet en cause toute son existence, ses choix de vie. Après l’explosion de haine de sa fille, qui attribue une identité diabolique, destructrice et profondément égoïste à Charlotte, la mère brisée (« J’ai si mal ») s’allonge par terre et cherche dans ses souvenirs une explication à son attitude si froide envers sa fille. « La nuit pendant mes insomnies, je me demande si j’ai vraiment vécu. Et je me demande si tout le monde est comme moi ou si les autres sont plus doués pour la vie. Peut-être que certains ne vivent jamais et se contentent d’exister. Ça m’angoisse. Ma propre image m’épouvante. Je ne suis pas adulte. » « J’oublie les visages. Même le mien. »
L’angoisse de la mère est donc fondée sur la question de sa propre identité et de son être-adulte. Parvenir à se construire une identité, à cerner sa propre image et celle des autres, est capital afin de pouvoir vivre pleinement. Il semble que l’on ne peut s’appréhender soi-même sans avoir au préalable une image nette des autres. La relation aux autres, le souci de l’autre est alors la condition pour vivre. Ce sentiment d’étrangeté à soi et aux autres est bien celui de l’existence (ou on vit en dehors de soi-même, où l’unité avec son identité est rompue). Or, Charlotte aspire à la vie ; vivre, c’est se découvrir, se connaître soi et connaître les autres, ne pas oublier les visages. A la fin du film, Charlotte se détourne de son meilleur ami et agent Paul et scrute son reflet dans la vitre du train. Elle s’observe avec angoisse, traque des signes qu’elle pourrait reconnaître. L’angoisse devant ce visage d’ordinaire si bien maîtrisé (il suffit de se rappeler de la formidable comédie de l’amour et de la tendresse face à Héléna) est le signe de l’effroi devant ce masque qui n’exprime pas l’intériorité, les véritables sentiments, qui étouffe ses faiblesses. Charlotte ne découvre son identité, ne se construit alors que dans la musique. C’est son interprétation de Chopin qui livre les clés de sa personnalité, de sa vie : « Chopin, c’est la passion, pas le trémolo. Ce prélude, c’est une douleur retenue, pas un songe creux. Pour le jouer, il faut être calme, clair, incisif. Il souffre mais ne le montre pas.» Puis : « il faut une maîtrise totale ». A la question, « qui suis-je ? », Charlotte répond par un regard épouvanté et Eva, en excluant sa mère du monde des sentiments, lui prête l’apparence d’un monstre.
Se construire soi-même, partir à la recherche de son identité, c’est se scruter sous le regard de l’autre. Dans un de ses souvenirs d’enfance, Eva contemple ses défauts, ses laideurs pointées par sa mère, dans un miroir. L’image que lui renvoie son miroir n’est pas la sienne mais le visage agacé et exaspéré de sa mère devant sa fille qui ne lui ressemble pas. Ainsi, l’identité d’Eva se construit uniquement par rapport à la mère : « dis-moi mes fautes », réclame-t-elle après avoir joué l’étude de Chopin. En Eva, s’exprime l’infatigable insatisfaction de ne pas plaire à sa mère, de ne pas lui ressembler parfaitement : « Puisque tu étais parfaite, il fallait que je le sois ». Eva, c’est ce regard inquiet, mendiant, ce visage offert, obsédé par cette mère « championne de la dérobade », qui ne se montre que de profil et se détourne de sa fille. Combien de fois n’apparaît pas cette image dans Sonate d’automne : Eva de face et Charlotte au premier plan de profil, le regard baissé ?
Cette énigme que constitue le moi, caché derrière tant de masques, constitue bien l’harmonique inavouable de sonate d’automne. De la même façon qu’Eva est observée à la dérobée par son mari, de loin, dans le flou de l’éloignement qui semble la protéger, la faisant apparaître nimbée dans une apparente sérénité : « Quelquefois, je regarde ma femme sans qu’elle sache que je suis là. », notre moi si paisible nous semble bien fragile, prêt à dévoiler ses violences. Sonate d’Automne résonne en nous de façon si personnelle, si bien que retentit alors la timide voix de notre propre sonate, celle que l’on n’ose jamais écouter car nous nous sentons alors si vulnérable, mis à nu. Cette sonate de Bergman nous laisse face aux abîmes de notre intériorité, si effrayants à contempler.
L’atroce rapport de force.
Ces abîmes de notre intériorité, desquels l’on n’ose s’approcher par crainte de tomber dans leur précipice, sont pour nous la découverte de cet atroce rapport de force latent, tapi au cœur de toute relation d’amour. Le spectateur de Sonate d’automne et le mari d’Eva assistent à cet affrontement si cruel entre la mère et la fille, affrontement qui se joue autour de l’identité de la fille et de la mère. Il semble alors que c’est seulement par l’écrasement de la mère que la fille arrivera à reconquérir une estime de soi et par la soumission de sa fille à sa personnalité dominatrice que Charlotte conçoit ses rapports avec Eva.
Il semble que l’acmé de la révélation de ce rapport de force, de cet affrontement, réside dans la scène où Eva évoque son avortement et fait endosser à sa mère la responsabilité de cet acte et la rend ainsi coupable de sa propre souffrance. Eva, c’est celle qui se veut mère mais qui n’est mère que de fantômes ou de morts. Elle ressent ce besoin d’offrir son amour, sa tendresse, mais les destinataires de sa tendresse se dérobent (sa mère, « championne de la dérobade »), meurent (son enfant avorté et son fils Erik) ou sont malades (sa sœur Héléna). Cette souffrance d’Eva de ne pouvoir être mère, de porter son amour ou sa tendresse à des êtres absents ou retranchés de la vie éclate dans cette scène. Charlotte devient l’affreuse responsable du malheur de sa fille : comme Eva n’a pas reçu cet amour maternel dont elle avait tant besoin, elle n’arrive pas à son tour à être mère. Quant à Charlotte, elle est dans cette scène acculée, enserrée par les accusations de sa fille et par la culpabilité. Ici se joue l’atroce rapport de force : parce que la mère méprise la personnalité faible et timorée de sa fille, la fille affirme ici sa volonté de détruire sa mère pour supprimer cette image si négative qu’elle lit dans le regard de sa mère. La mère est responsable, coupable, la fille est victime et soumise. Mais en adoptant la voix des faibles, Eva signifie encore sa dépendance à l’égard de sa mère, dépendance dont elle ne veut ni ne peut sortir et que Charlotte a toujours refusée. Charlotte répond en effet aux reproches d’Eva par une éthique de la volonté, de la maîtrise de soi : « si tu l’avais voulu, tu n’aurais pas avorté » et Eva lui rétorque : « Ne m’y as-tu pas forcée ? ». Eva s’agrippe à sa mère, ne veut pas lâcher prise et essaie de l’enserrer dans la culpabilité (« la faille de la mère, la fille en héritera ; les ratages de la mère, la fille les paiera ; le malheur de la mère sera le malheur de la fille »): les deux femmes s’agrippent et la tragédie de cet affrontement est soulignée par le très gros plan : c’est une lutte à laquelle se livrent les deux femmes, une lutte qui attaque ce que chacun a de plus fragile, de plus intime, qui déchire les oripeaux de l’apparence pour mettre les chairs à vif et enfin laisser éclater la haine, la volonté de dominer l’autre et de cerner l’autre dans son hideuse intériorité. Eva accuse sa mère et répond à sa volonté de tout maîtriser, à sa grande rationalité par le règne de l’affectif, du sentiment vrai qui ne peut se contrôler : « tu es […] une invalide du sentiment. Au fond tu nous détestes Helena et moi parce que tu es emprisonnée dans ta propre prison. Tu ne peux sortir de toi. Tu me trouvais laide, bête, une ratée. Tout ce qui était fragile, tu l’attaquais ; tout ce qui était vivant, tu l’étouffais ». Charlotte pleure et Eva la poursuit par sa parole, se plaçant derrière elle. On ne voit plus que le visage dévasté de Charlotte ; la haine d’Eva, cette voix de la culpabilité devient une voix off, comme pour signifier cette intériorisation de la culpabilité qui atteint Charlotte au plus profond d’elle-même ; on a pénétré encore plus profond dans la sphère de l’intime. Eva continue (« les gens comme toi sont un danger mortel, on devrait les mettre hors d’état de nuire ») et Charlotte se cache le visage, comme si elle refusait l’accès de ses reproches, de cette haine à son intime intériorité. Puis Eva conclut et analyse cette fois cet atroce rapport de forces : « mère et fille… quel terrible mélange de sentiments, de désarroi, de destruction. »
Le spectateur qui assiste à ce tragique affrontement est représenté dans le film par la personne du mari qui joue le rôle d’un chœur antique muet assistant à cette tragédie mais dont les interventions sont comme ponctuées par les mouvements de la caméra : lorsque Eva évoque Stephan et son avortement, la caméra se focalise, par un brusque travelling avant, sur le visage du mari qui alors, comprend douloureusement. Bien qu’il y assiste de l’extérieur, comme le mari qui, dans l’ombre de la porte, surprend les hoquets haineux de sa femme, le spectateur de Sonate d’automne n’est pas épargné et se trouve placé dans l’intimité de ce huis clos où tout se dit. Il se trouve témoin de cette atroce vérité, si humaine mais si étrange : on se sent menacé, étouffé par des êtres que l’on aime, dont on est proche, au point de les haïr, de désirer leur mort. Ce témoin silencieux de cette Sonate d’automne se demande alors de quel côté il aurait été, quel rôle aurait-il joué : celui maîtrisé et dominateur de la mère ou celui souffrant et faible de la fille ? Il reste partagé entre cet effroi face à l’égoïsme maîtrisé de la mère et la faiblesse haineuse de la fille.
Le voile de pudeur.
Après cette bourrasque d’automne qui balaye tout sur son passage, le spectateur n’arrive à prendre parti pour l’une ou l’autre des protagonistes : il est dans l’impossibilité de blâmer entièrement la mère qui est quand même le portrait d’une femme qui s’est battue contre la société pour réaliser ce qu’elle aimait et s’épanouir professionnellement. On ne peut s’empêcher d’admirer son courage et sa force lorsqu’elle raconte les critiques humiliantes qu’elle a dues subir de la part de ses pairs (« tu ferais mieux de rejoindre ton mari et ta fille et d’être une bonne épouse et mère puisque tu n’es plus aussi douée ni aussi belle qu’à vingt ans) et la souffrance de se voir diminuer techniquement suite à son mal de dos. Mais il ne nous est également pas possible de rester indifférent face à la souffrance de cette petite fille qui aurait tant voulu être aimée par sa mère et qui a été écrasée par cette personnalité si envahissante. Le spectateur s’identifie alors successivement et parfois en même temps aux deux thèmes de la sonate. Sonate d’automne n’identifie pas de façon grossière un personnage avec le spectateur. Ce film mêle tous les points de vue et respecte la pudique empathie des spectateurs : je m’identifie à la fois à la mère et à la fille ; je partage l’honteuse souffrance de l’une et admire la force de l’autre tout en craignant sa dureté. Je perçois cette culpabilité terrible, marquée dans la chair déformée, malade d’Helena mais je la refuse et soutient cet élan libre de Charlotte, cette femme qui ne veut pas seulement être mère. Cette incertitude qui fait toute la subtilité du film est peut-être le résultat d’un affrontement entre Ingmar Bergman et ses actrices (notamment Ingrid Bergman). Liv Ullman raconte qu’Ingrid Bergman s’est opposée à de nombreuses reprises au réalisateur, disant qu’elle ne pouvait jouer ce rôle et accepter la culpabilisation d’une femme qui s’est battue toute sa vie pour travailler et vivre ce qu’elle aimait. Elle se refusait à jouer cette larmoyante réconciliation, à incarner cette image de la femme émancipée, humiliée et détruite par la culpabilité. Bergman et Ingrid se sont disputés violemment, et c’est de cette confrontation que naît ce voile de pudeur jeté sur l’empathie des spectateurs. Liv Ullman raconte également que, pour soutenir Ingrid, elle a joué la fille comme une pleurnicharde agaçante. Si Bergman était intransigeant quant à son texte, il laissait la liberté à ses actrices quant à leur interprétation. La libre empathie, la liberté d’interprétation offerte à ses actrices mais aussi aux spectateurs : Sonate d’automne laisse le champ libre aux émotions les plus multiples, chacun joue alors sur sa propre gamme et s’identifie tout en s’interrogeant (puisque l’identification n’est pas conditionnée par le film).
Le problème de la réception. Qui voit ? Les lointains tableaux du souvenir
Sonate d’automne ouvre la possibilité de multiples interprétations car les points de vue sont mêlés : le film s’ouvre sur celui du mari, puis sur les timides attentes d’Eva, grâce à la lecture de la lettre et enfin aux sarcasmes et aux angoisses de Charlotte qui débite ses monologues comme une actrice. Il est alors impossible de savoir qui voit, d’entendre une voix cohérente de la vérité dans cette polyphonie complexe où les chants des différents protagonistes s’affrontent de façon violente. Chacun possède sa voix particulière, son timbre : la voix grave, paisible du mari ouvre la sonate en s’adressant, tel un conteur, directement au spectateur, puis le thème Eva est introduit selon un mode d’abord paisible bien qu’angoissé, avant d’exploser dans un soliloque haineux (la voix d’Eva a toujours besoin d’un spectateur, de quelqu’un qui l’écoute : son mari ou Charlotte), enfin, le thème plus maîtrisé, mais cynique et angoissé de Charlotte s’expose dans des monologues magistraux, dans un dialogue de soi à soi : parole conteuse, qui s’adresse à un spectateur, parole hystérique qui recherche uniquement une oreille pour entendre les fausses notes de son âme et parole théâtralisée qui fait l’expérience de cette profonde solitude, après la mort de l’être qui lui était le plus cher, Leonardo.
Ce n’est pas un hasard si Bergman utilise un terme musical dans le titre de ce film : la sonate. Si la sonate désigne tout d’abord une pièce instrumentale jouée (et non chantée), qui exprime des émotions, la forme sonate est construite sur l’opposition de deux thèmes, souvent antagonistes et contradictoires. Le début du film expose le premier thème (Eva), puis le second thème (Charlotte), le développement et le début de l’affrontement entre les deux thèmes commence lorsque les deux femmes se mettent au piano : la scène d’exécution puis d’interprétation de l’étude de Chopin illustre clairement l’opposition des deux thèmes : au thème maladroit, timoré et hésitant d’Eva, répond l’interprétation forte, assurée et maîtrisée de Charlotte. L’affrontement culmine dans la nuit où Charlotte, terrassée par l’explosion de haine d’Eva, se couche à terre et est totalement submergée par les piaillements discordants de sa fille. Enfin, le départ de Charlotte amorce la réexposition : l’assurance initiale de Charlotte est teintée de tristesse et d’effroi, d’un sentiment de solitude et de rupture irrémédiable avec sa propre fille, Eva reprend son attitude gauche et suppliante, sa lettre de demande de pardon fait écho à sa première lettre, qui timidement, appelait Charlotte. La tonalité n’est plus exactement la même que celle du début : teintée de regret et de tristesse de n’avoir pu changer les choses.
Enfin, le film s’enrichit d’un point de vue supplémentaire grâce à ce que j’appellerai les « lointains tableaux du souvenir », ces incursions dans le passé qui tissent une toile de fond onirique à l’affrontement violent entre la mère et la fille. Excepté le récit de la mort de Léonardo, les autres souvenir sont présentés à travers le point de vue d’Eva. Tous les souvenirs se présentent comme des tableaux ; statiques, silencieux, la caméra reste immobile, comme pour témoigner du caractère figé de ces souvenirs, figés par le temps, figés car trop de fois ressassés par Eva. Le point de vue est toujours lointain, mimant ainsi l’éloignement temporel, l’oubli progressif, la reconstruction épurée et le tableau devient un théâtre muet, dans lequel chaque geste prend une dimension symbolique : l’attente d’Eva enfant dans le couloir obscur, habité par le son étouffé du piano, devant la grande porte close ; la porte du salon s’ouvre et l’enfant est éblouie par la lumière éclatante et l’aura aveuglante de sa mère qui peu de temps après la congédie. Les portes se referment. Retour à l’obscurité. Les souvenirs d’Eva sont structurés par la séparation de l’univers maternel, inaccessible, idéalisé et craint, semblable au paradis nimbé de lumière. Ainsi, chaque point de vue porte en lui, grâce aux techniques cinématographiques, à la mise en scène, le regard, la fenêtre sur le monde d’un des personnages. Il est témoin d’un passé, mais surtout reflet d’une façon de voir, de sentir, de souffrir.
Marion Siéfert.